Le Bureau d’Intervention Urbaine.

Le projet Bureau d’Intervention Urbaine (BIU) consiste dans un premier temps en un travail de cartographie du quartier des Carmes (éventuellement élargi à la ville, l’agglo, ou la planète).
L’idée est d’inviter les habitants à réfléchir sur leur environnement direct pour en tirer des pensées plus globales.
Observer, géolocaliser, puis penser, accepter, détourner ou refuser, mais prendre conscience et position.

Certains magasin jettent compulsivement des cartons: on peut en faire des meubles.
Certains installent des cameras de surveillance dans l’espace public mais que nous apportent elles que nous enlèvent elles?
Les restaurants jettent leur huile usagée. En la filtrant, on peut faire tourner un moteur diesel. L’état nous interdit de le faire, pourquoi?
Des panneaux publicitaires polluent notre vision. Qui les a posé là? Qui leur a donné l’autorisation? Qui en tire profit, pourquoi?
Des hirondelles nichent sous les toits. D’où viennent elles? Où vont elles? Quel est leur impact sur notre vie?
Des projets de restructuration urbaine sont étudiés? Quel est leur but? Je veux dire: Quel est vraiment leur but? Qui en tire profit?
Pourquoi utilisons nous, pour nos ordinateurs des systèmes d’exploitation et les logiciels payants, alors que les systèmes libres sont plus performants et gratuits?

Le BIU est un laboratoire ouvert sur la ville. Observation, recherches, échanges, débats, découvertes.
Les laborantins en sont les artistes invités mais surtout les habitants du quartier qui, en apportant leur vécu du quartier, leur mémoire, en y réfléchissant, agissant deviennent des citoyens.
Au fil des jours, un centre de ressources documentaire se formera, nourri par des groupes de discussions spontanément constitués, des artistes montrant leur travaux, ou des activistes présentant leur point de vue.
La crise sociale, politique, et économique que nous traversons n’est pas inéluctable; il faut inventer des nouvelles façons de vivre, consommer, rêver. Ce lieu est plus qu’un lieu d’expo mais le point de départ de La Vraie Révolution Française et Mondiale tant attendue.

Carmes Village est investi tout le mois de janvier par le BIU.
Avec le support des artistes de Xul, le réseau DigiBAP, la coopérative Artéfacts et créé une sorte de hackerspace ouvert à tous.
Au programme: Collage de gomettes de géolocalisation, matérialisation de la mémoire collective, travail manuel in situ, install party Linux, open atelier, présentations, projections, performances, lectures et plus selon les rencontres et les envies du moment.
Le lieu est ouvert du mardi au samedi de 14h00 à 19h00 et plus selon les rencontres et les envies du moment.

Jeudi 19 janvier, est organisé un open atelier (système de création inter-tutorée, autonome et open source), et d’ici la fin du mois, il y aura eu une soirée « Histoire et histoires du quartier Carmes », une présentation de modèles économique alternatifs aux AGESSA/MDA avec la coopérative Artéfacts.


État des lieux après 5 jours de fonctionnement:

9 thèmes principaux semblent se détacher: Déchets (réutilisation, ramassage/recyclage, réduction), Commerce (officiel, souterrain), logement, sécurité, société (métissage ethnique et social), éducation, culture, Histoire et histoires, Urbanisme (politique appliquée à la ville). Bien sur ils se croisent tous, s’englobent les uns les autres.

État des lieux après 15 jours de fonctionnement:
le carton a pris de plus en plus sa place dans l’espace d’expo: meubles, isolation du sol, habillage des murs.
De nombreuses gomettes ont été ajoutées sur le plan avec des anecdotes, des témoignages historiques.
Quelques enregistrements ont été faits, et les recherches s’élargissent.
l’idée d’une intervention urbaine sous forme de « maisons de carton » placées devant les maisons inhabitées se précise.

État des lieux après 1 mois de fonctionnement:
Le froid est vraiment arrivé et l’intérieur « tout carton » prend toute importance.
Les dernières déclarations ont été fichées et clouée au dazibao des Carmes.
La production des petites maisons pour clochard a continué et des test de message au pochoir ont été effectués.
jeudi 9 février, c’est la fin de la résidence et c’est aussi le jour de l’intervention urbaine: la pose des masion de cartons sur les façades des logements fermés.

Jeudi 9 février: Restitution du BIU.
17h à 22h Restitution des enquêtes du Bureau d’Intervention Urbaine (BIU) et intervention urbaine.


Après une résidence d’un mois à la maison de quartier de Carmes-Village, présentation publique des investigations du bureau à J30.
Durant le mois de janvier, les visiteurs de l’exposition ont eux même apporté la matière première au BIU.
Leurs témoignages ont été décortiqués et ordonnés pour remplir le « wikipédia de papier » du quartier des Carmes: Traitements des déchets, Économies locales, Éducations, Cultures, Urbanisations, Histoires. Chaque sujet est traité au pluriel, car chacun y a apporté sa définition personnelle.


Cet événement de clôture a été l’occasion de mettre en pratique une « intervention urbaine » visant à mettre en évidence les lieux d’habitation fermés alors qu’ils auraient pu accueillir de l’activité humaine ou du logement en ces temps de mort annoncée pour les sans abris.

1 commentaire sur “Le Bureau d’Intervention Urbaine.

  1. Pingback : Le Bureau d'Intervention Urbaine par Philippe Coudert - Labomedia

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *